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פרשת ראה
 
   La parachat Réeh s’ouvre par un verset particulièrement étonnant quant à la manière dont il s’exprime. En effet, dès le début de la sidra, Moché s’adresse au peuple d’Israël en plaçant devant eux, selon les termes employés par le texte, « la bénédiction et la malédiction ». Or, si cette information est destinée à l’ensemble du peuple, dans sa totalité, l’emploi par la Torah du terme « Rééh - vois », qui confère son nom à notre paracha, est pour le moins troublant dans la mesure où il ne concerne qu’un seul individu.
 Les Sages d’Israël proposent plusieurs explications pour percer le sens de l’emploi du singulier et non du pluriel au sujet d’un texte censé concerner l’ensemble du peuple juif.
Le Gaon de Vilna, tout d’abord, propose l’explication suivante. Pour lui, si la Torah emploie le singulier, « vois », c’est pour enseigner à chacun la manière de choisir la conduite la plus convenable. Si l’homme voit ses contemporains suivre une ligne de conduite donnée, il doit s’interroger sur le bien fondé d’une telle démarche et se demander si cette voie est effectivement celle recommandée par la Torah. Si ce n’est pas le cas, il devra évidemment s’en détacher en s’efforçant d’inciter les autres à faire de même. Ce choix et cette interrogation doivent donc concerner l’individu et lui seul.
Rabbi Avraham Even Ezra prolonge cette réflexion en précisant que si la Torah s’adresse à chacun, c’est qu’elle fait dépendre le salut de la nation du comportement et de l’attitude du particulier. Selon cette explication, l’individu doit être conscient que tout acte qu’il réalise ou toute action qu’il entreprend aura un impact sur la collectivité toute entière.
Le h’atam sofer rattache ainsi le premier verset de cette paracha à la sentence du Talmud dans le Traité Kiddouchin qui énonce que chacun doit se sentir moitié coupable, moitié méritant ; ainsi, une seule action bonne ou mauvaise ferait pencher la balance de tel ou tel côté.
  Toutes ces explications ont un point commun : elles visent à mettre l’individu en face de ses responsabilités. Elles visent toutes à placer l’individu face au reste de la collectivité pour lui permettre de prendre pleinement conscience de sa véritable vocation et de son rôle au sein du peuple : être celui sur lequel tout repose et dont dépend le bon fonctionnement de la société telle que préconisée par la Torah.

ACI EZRAT A HIM