|
פרשת שופטים Le début de la parachat Chofetim impose au peuple d’Israël la nomination de juges qualifiés pour assurer un système juridictionnel cohérent et respectueux des règles posées par la Torah. Le premier verset de la paracha énonce en effet : « tu établiras des juges et des fonctionnaires dans toutes les portes que l’Eternel ton D... te donne (...) et ils jugeront le peuple selon la justice ». Certains Sages voient un lien fort entre le début et la fin du verset et prennent soin de rattacher ces deux parties en affirmant qu’une bonne justice, dans le respect le plus stricte des lois de la Torah, est subordonnée à l’établissement de tribunaux et de personnes aptes à juger le peuple sur l’ensemble du territoire d’Israël. Selon cette explication, seule la mise en place de juridictions « dans toutes les portes » du pays est apte à y faire régner l’ordre et la justice tels que conçus par la Torah. L’impératif de justice et la recherche d’une telle justice sont d’ailleurs largement prônés par la Torah à plusieurs reprises, en particulier dans notre paracha où le texte exhorte : « la justice, c’est la justice que tu poursuivras » (chapitre 16, verset 20), le mot « justice » étant redondant. Le sens simple de ce verset veut que le juge recherche la justice à tout prix. Ce dernier ne doit ménager aucun effort pour que la véritable justice, celle proposée par la Torah, soit atteinte dans toutes les situations qui se présentent devant lui. Rabbi Avraham Even Ezra quant à lui, voit dans ce verset une injonction faite aux plaignants qui présentent leur différend devant l’instance judiciaire en place. Ces derniers doivent, en toute bonne foi, chercher à atteindre et respecter l’impératif de justice prévu par la Torah. Les parties au litige doivent en effet chercher à régler ce litige selon les règles de la pure justice, telles que prévues par la Torah. Pour le Even Ezra, la poursuite de la justice doit être permanent et continue, sans interruption. Cette recherche de justice et d’équité doit être entreprise par tous, à tout moment, et sans relâche. C’est pour lui le sens de cette redondance du mot קדצ, justice, présent à deux reprises dans le verset 20. Enfin, Rabbénou Béh’ayé voit dans cette redondance la volonté pour la Torah de rechercher la justice dans les deux moyens qui permettent aux hommes de s’exprimer et de se manifester : la parole et l’action. Pour lui, la Torah invite le peuple d’Israël à rechercher la justice tant dans les actes qu’il réalise que dans les propos qu’il peut tenir. Le peuple juif doit ainsi poursuivre la justice véritable dans les actions concrètes qu’il réalise, comme dans les paroles qu’il prononcera. Rechercher et poursuivre la justice, telle est la mission que la Torah confie au peuple d’Israël dans une paracha empreinte d’amour, de paix et de justice sociale.
|
|